Le Bénin poursuit sa stratégie d’ouverture économique en consolidant ses relations avec les Émirats arabes unis. La visite du président Romuald Wadagni à Abou Dhabi s’inscrit dans cette orientation, avec pour objectif de donner une nouvelle dimension à la coopération entre les deux pays. Au-delà des relations diplomatiques, cette démarche vise à stimuler les échanges commerciaux, à attirer des capitaux et à favoriser l’émergence de nouveaux projets économiques.
La signature de l’Accord de partenariat économique global, désigné sous le sigle CEPA, constitue l’un des principaux résultats de cette visite. Ce dispositif est destiné à faciliter les échanges commerciaux et à encourager les investissements dans plusieurs secteurs. Selon les autorités émiraties, le commerce hors pétrole entre les deux pays a atteint 2,15 milliards de dollars en 2025. Ce volume témoigne de l’importance des relations économiques existantes et des possibilités de leur expansion.
Pour les opérateurs économiques béninois, ce partenariat pourrait ouvrir de nouvelles perspectives, notamment dans les filières agricoles. Le coton et la noix de cajou figurent parmi les produits susceptibles de bénéficier d’un meilleur accès aux marchés internationaux. Le Moyen-Orient et l’Asie représentent des débouchés à explorer, tandis que d’autres marchés, notamment européens, pourraient également offrir des opportunités.
Toutefois, la conquête de ces marchés nécessitera des efforts supplémentaires en matière de qualité, de transformation locale et de respect des normes internationales. La capacité des entreprises béninoises à répondre aux exigences des acheteurs sera déterminante pour convertir les possibilités offertes par cet accord en gains économiques réels.
Une coopération élargie à plusieurs secteurs
La visite de Romuald Wadagni a également été marquée par l’annonce de sept instruments de coopération dans des domaines aussi variés que les consultations politiques, les affaires consulaires, la formation diplomatique, le numérique, le travail, l’administration publique et les investissements.
Cette diversité traduit la volonté des deux États de structurer leur partenariat autour de plusieurs priorités. En complément des échanges commerciaux, l’agriculture, la sécurité alimentaire, les infrastructures, les énergies renouvelables et la gestion durable de l’eau ont été évoquées comme des secteurs présentant des possibilités de collaboration.
Ces domaines offrent des perspectives de partage d’expertise, de développement de projets et de mobilisation de ressources. Ils pourraient également contribuer à renforcer les capacités des acteurs béninois et à favoriser l’implantation de nouveaux investisseurs dans des secteurs porteurs.
Des ambitions à traduire en résultats
La portée de ces engagements dépendra désormais de leur mise en œuvre. Pour le Bénin, il sera essentiel de faciliter les relations entre investisseurs émiratis et entreprises locales, de soutenir les producteurs dans leur accès aux marchés extérieurs et de favoriser la réalisation de projets répondant aux besoins de l’économie nationale.
La création d’emplois, l’accroissement des investissements productifs et la valorisation des ressources locales constituent notamment des résultats attendus. Le défi sera donc de faire en sorte que les engagements pris à Abou Dhabi dépassent le cadre institutionnel pour produire des effets tangibles sur les activités économiques.
Ainsi, le partenariat entre le Bénin et les Émirats arabes unis ouvre un nouveau champ de coopération dont l’impact se mesurera à la capacité des deux pays à transformer leurs ambitions communes en projets concrets et en opportunités durables.
Armand D.
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