Un nouveau décret signé par le président Patrice Talon redessine la hiérarchie des personnalités officielles lors des cérémonies publiques. Ce changement majeur, qui place désormais le président du Sénat avant celui de l’Assemblée nationale, continue de susciter débats et commentaires. Alors que certains estiment que le président de l’Assemblée nationale devrait occuper la cinquième place dans le nouvel ordre de préséance et non la sixième, d’autres soutiennent la nouvelle disposition. Parmi eux figure le juriste Gilles Badet. Il s’est attaché à éclairer les fondements de cette réforme lors d\\\'une sortie médiatique. Le décret n° 2026-107, adopté en mars dernier, remplace des règles en vigueur depuis une vingtaine d’années. Il vise à actualiser le protocole d’État afin de l’adapter à la nouvelle configuration institutionnelle du Bénin, marquée notamment par la création du Sénat. Désormais, le président de cette chambre occupe la cinquième place dans l’ordre de préséance, devançant ainsi le président de l’Assemblée nationale. Pour Gilles Badet, cette évolution n’a rien de surprenant. Dans les systèmes bicaméraux, le Sénat est traditionnellement considéré comme la « chambre haute ». Par conséquent, son président est souvent placé au-dessus de celui de la « chambre basse », en l’occurrence l’Assemblée nationale. Au-delà de cette logique institutionnelle, il évoque également une question de prestige et d’expérience : le Sénat regroupe généralement des personnalités au parcours remarquable, parmi lesquelles d’anciens chefs d’État. Toutefois, cette primauté reste strictement protocolaire et s’applique uniquement lors des cérémonies officielles. Dans le fonctionnement quotidien des institutions, le président de l’Assemblée nationale conserve pleinement son rôle et ses prérogatives. Le texte apporte également d’autres précisions. Ainsi, lors de certains événements, les présidents de hautes juridictions, telles que la Cour des comptes, peuvent être placés avant les ministres dans l’ordre de préséance. Enfin, le décret rappelle un principe fondamental du protocole : le rang est attaché à la personne et non à la fonction exercée par intérim. Une autorité représentant une autre ne bénéficie donc pas automatiquement de son rang, sauf dans le cas du président de la République. Toute personne mandatée pour le représenter occupe alors systématiquement la première place. À travers ces clarifications, les autorités entendent prévenir les hésitations et les tensions susceptibles de survenir lors des grandes cérémonies nationales.

Romain K.