Le soja occupe une place de plus en plus importante dans l’alimentation des ménages béninois. Transformé en fromage, lait, huile ou farine, il constitue une source essentielle de protéines végétales pour de nombreuses familles. Une étude scientifique menée par le chercheur Mouhamed Nazif Moutawakilou El-Hadji Alassane, en collaboration avec Thibaut Gbeyetin Fidèle Dohoue, Agossou Damien Pacôme Noumavo, Serge Candide Kponou, Yemissi Sandra Gaelle Amoussou, Lamine Baba-Moussa et Farid Baba-Moussa, s’est intéressée à la qualité nutritionnelle et sanitaire des graines de soja produites et commercialisées au Bénin.
L’objectif de cette recherche était d’évaluer la valeur nutritive ainsi que la sécurité sanitaire des graines de soja disponibles sur le marché national. Pour ce faire, les chercheurs ont procédé au prélèvement aléatoire de 60 échantillons dans les douze départements du pays. Plusieurs paramètres ont été analysés conformément aux normes internationales ISO, notamment le taux d’humidité, les teneurs en lipides, protéines et fibres. Des analyses microbiologiques et toxicologiques ont également été réalisées afin de détecter la présence de bactéries pathogènes, d’aflatoxines et d’éventuelles graines génétiquement modifiées.
Les résultats obtenus mettent en évidence une qualité nutritionnelle globalement satisfaisante des graines de soja produites au Bénin. Les échantillons analysés présentent un taux moyen d’humidité de 6,79 %, une teneur en lipides de 18,88 %, en protéines de 38,32 % et en fibres de 10,09 %. Ces valeurs confirment l’intérêt nutritionnel du soja comme source de protéines végétales et de nutriments essentiels. Toutefois, les chercheurs soulignent que la teneur en protéines observée reste légèrement inférieure aux exigences fixées par les normes béninoises.
Sur le plan sanitaire, les analyses révèlent des résultats plus préoccupants. L’étude a mis en évidence une charge élevée de flore aérobie mésophile totale, estimée en moyenne à 3,43 × 10⁶ UFC/g. Plus inquiétant encore, la bactérie Salmonella spp. a été détectée dans 20 % des échantillons examinés. Cette présence constitue un indicateur de contamination microbiologique susceptible de représenter un risque pour la santé des consommateurs si les produits ne sont pas correctement transformés ou cuits avant leur consommation.
En revanche, les analyses toxicologiques ont montré des résultats rassurants. La teneur moyenne en aflatoxines totales a été évaluée à 2,05 µg/kg, un niveau largement inférieur aux seuils réglementaires admis. De même, aucun des échantillons étudiés n’a révélé la présence de graines de soja génétiquement modifiées.
Au terme de leurs travaux, les chercheurs concluent que le soja grain produit et commercialisé au Bénin possède un profil nutritionnel intéressant, mais que des insuffisances subsistent en matière d’hygiène et de sécurité microbiologique. Ils recommandent un renforcement des capacités des producteurs, des commerçants et des transformateurs sur les bonnes pratiques agricoles et post-récolte. Une telle démarche permettrait d’améliorer la qualité sanitaire du soja et de ses produits dérivés, tout en contribuant au renforcement de la sécurité alimentaire au Bénin.
Armand D.
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