Après trois années à la tête de l'Observatoire de la déontologie et de l'éthique dans les médias (ODEM), l'équipe dirigeante sortante a présenté, vendredi 3 juillet 2026, le bilan de son mandat. La cérémonie, organisée dans la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, a réuni la ministre de la Communication et des Médias, des représentants du corps diplomatique ainsi que de nombreux professionnels des médias.
Placée sous le signe de la « co-construction » et de la modernisation de l'institution, cette rencontre a permis au président sortant, Ulrich Vital Ahotondji, de revenir sur les principales réalisations de la 9ᵉ mandature, tout en appelant à poursuivre les efforts en faveur d'une presse plus crédible, indépendante et responsable.
Dans son intervention, Ulrich Vital Ahotondji a indiqué que son mandat s'est appuyé sur le travail d'équipe, le dialogue avec les acteurs des médias et le renforcement de l'autorégulation. Revenant sur la création de l'ODEM en 1999 par les professionnels des médias eux-mêmes, dans le contexte du renouveau démocratique, il a estimé que, malgré les avancées enregistrées, les objectifs initiaux restent encore à atteindre.
« Nous n'avons pas encore vu une presse indépendante, libre, responsable, professionnelle et engagée pour le développement dans tous les sens », a-t-il déclaré, dressant ainsi un diagnostic sans complaisance de l'état du secteur, vingt-sept ans après la création de l'institution.
Des réformes pour renforcer l'efficacité de l'ODEM
Au cours de son mandat, la 9ᵉ mandature affirme avoir engagé plusieurs actions visant à améliorer la qualité de l'information et le fonctionnement de l'institution. Parmi celles-ci figurent le suivi quotidien des productions médiatiques, l'analyse régulière des contenus diffusés ainsi que la publication de rapports destinés à promouvoir le droit du public à une information fiable et de qualité.
L'équipe sortante a également élaboré des outils pratiques, dont le Guide du journaliste en période électorale, réalisé en partenariat avec une fondation irlandaise, afin d'accompagner les professionnels des médias dans l'exercice de leur mission.
Sur le plan institutionnel, l'ODEM s'est doté d'un Identifiant fiscal unique (IFU) et d'un compte bancaire à double signature, des mesures destinées à renforcer son autonomie administrative et financière. Toutefois, le président sortant a reconnu que la question du financement demeure un défi majeur, appelant à une diversification des partenariats pour assurer la pérennité des actions de l'institution.
Le gouvernement plaide pour une presse éthique et professionnelle
Présente à cette cérémonie, la ministre de la Communication et des Médias, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a salué le travail accompli par l'équipe sortante. Elle a rappelé que la liberté de la presse ne saurait être dissociée des exigences de responsabilité, d'éthique et de déontologie.
« La liberté de la presse ne peut prospérer durablement sans une exigence permanente de responsabilité, de déontologie et d'éthique », a-t-elle souligné.
Face aux défis liés à la prolifération des réseaux sociaux, à la désinformation et à la diffusion des fausses informations, la ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des professionnels des médias. Elle a également réaffirmé l'attachement du gouvernement au principe de l'autorégulation, qu'elle considère comme un levier essentiel pour une presse libre, crédible et professionnelle, en adéquation avec la vision du président de la République.
À l'heure de passer le témoin, Ulrich Vital Ahotondji a exhorté la future équipe dirigeante à poursuivre les réformes engagées et à consolider les acquis de la 9ᵉ mandature. Selon lui, l'éthique et la déontologie doivent demeurer les fondements de la crédibilité des médias béninois et de la confiance du public envers la presse.
R.K.
0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment.